Devenir formateur indépendant : comprendre les bases avant de se lancer

Se lancer comme formateur indépendant, c’est avant tout faire le choix de transmettre son expérience. Mais derrière l’envie de partager ses connaissances se cachent des aspects essentiels à maîtriser : cadre légal, modèle économique, démarches administratives et enjeux de certification.

Le métier de formateur : un rôle à part entière

Un formateur professionnel est un expert qui transmet des savoirs, savoir-faire et savoir-être dans un cadre structuré, avec une intention pédagogique claire.
Son rôle ne se limite pas à « faire un cours ». Il conçoit des séquences pédagogiques cohérentes et mesurables, met en œuvre des méthodes favorisant l’apprentissage et l’engagement, évalue la progression des apprenants et ajuste ses pratiques si nécessaire.

Aucun diplôme minimal n’est exigé pour exercer. Ce qui compte, c’est la compétence technique dans son domaine et la capacité à transmettre efficacement.
Néanmoins, il ne faut pas s’y tromper : tout le monde n’est pas capable de former dans toutes les conditions. Concevoir une formation, animer un groupe ou accompagner des apprenants demande des compétences pédagogiques spécifiques. Il peut donc être judicieux de suivre une formation dédiée, voire de viser une certification professionnelle, comme le Titre Professionnel de Formateur Professionnel d’Adultes (FPA), reconnu par l’État.

Formation, conseil, accompagnement : trois logiques différentes

Beaucoup de professionnels confondent formation et conseil. Or, la distinction est essentielle :

  • La formation vise l’acquisition de compétences, avec un parcours pédagogique structuré.
  • Le conseil consiste à analyser une situation et recommander des solutions.

Une activité peut combiner les deux approches, mais il est important de clarifier la nature de la prestation pour garantir la conformité réglementaire et éviter toute ambiguïté dans la facturation.

Trouver son modèle économique

Il est également essentiel de définir son modèle économique, c’est-à-dire la manière dont il commercialise ses formations, fixe ses tarifs et structure ses sources de revenus. Ce choix conditionne la pérennité de l’activité et influence directement la stratégie de développement. Ainsi, chaque formateur choisit son modèle d’activité en fonction de ses objectifs, de son autonomie et de son appétence pour la gestion administrative.

Le formateur sous-traitant

Il intervient pour le compte d’organismes de formation déjà certifiés. Ce modèle offre un accès immédiat à des clients et une charge administrative réduite, mais implique une dépendance aux partenaires et des marges limitées.
TJM : 150 à 400 € HT – environ 1 200 à 1 800 € nets par mois.

Le formateur indépendant

Il crée sa propre offre et la vend directement à ses clients (entreprises ou particuliers). Ce modèle permet une liberté totale sur les tarifs, l’offre et la stratégie, mais nécessite une prospection active et une gestion administrative complète.
TJM : 400 à 900 € HT – environ 1 800 à 3 000 € nets par mois.

Certains formateurs choisissent de combiner les deux modèles pour plus de stabilité.

Démarches administratives : les incontournables

Avant toute première action de formation, deux démarches principales s’imposent.

La déclaration d’activité (NDA)

Toute personne qui exerce une activité de formation professionnelle doit être déclarée auprès de la DREETS. Cette déclaration permet d’obtenir un numéro d’enregistrement indispensable pour exercer légalement comme organisme de formation.

L’exonération de TVA

Les prestations de formation professionnelle peuvent bénéficier d’une exonération de TVA. Cet avantage permet de proposer des tarifs plus attractifs et de simplifier la gestion comptable, notamment pour les clients particuliers ou les micro-entrepreneurs non assujettis à la TVA.

La certification Qualiopi : pour quoi faire ?

Qualiopi est la marque officielle de certification qualité pour les organismes de formation. Elle a été instaurée par la loi Avenir Professionnel de 2018 et repose sur le Référentiel National Qualité (RNQ).

Cette certification atteste de la qualité du processus mis en œuvre par le prestataire de formation selon 32 indicateurs répartis en 7 critères.
Elle est obligatoire pour accéder à des financements publics ou mutualisés (OPCO, CPF, Pôle emploi, etc.) et facultative si l’activité est exclusivement autofinancée.

Le cycle de certification s’étend sur trois ans, avec un audit initial et un audit de suivi.

Coût estimé

  • Audit initial : environ 1 000 à 1 200 € HT
  • Audit de suivi : environ 1 000 à 1 200 € HT
  • Cycle complet : environ 2 200 € HT hors accompagnement

Évaluer sa rentabilité

Pour un formateur indépendant, la certification Qualiopi devient rentable dès huit à quinze jours de formation vendus par an, selon le tarif journalier moyen.
L’enjeu n’est donc pas seulement administratif, mais aussi économique : Qualiopi ouvre l’accès aux financements et renforce la crédibilité de l’activité auprès des partenaires.

Pour aller plus loin sur les exigences, les étapes et les coûts de la certification, nous mettons à disposition une page dédiée :
En savoir plus sur Qualiopi

OGMA Insight accompagne également les formateurs, organismes de formation et associations dans la préparation et la réussite de leur certification Qualiopi, à travers un accompagnement personnalisé et pragmatique.

En conclusion : se lancer en confiance

Se lancer comme formateur indépendant demande une réflexion approfondie sur son positionnement, son public cible, son offre de formation et son modèle économique.
Ce métier repose autant sur la pédagogie que sur la structure : être expert ne suffit pas, il faut aussi savoir formaliser, déclarer et évaluer.

La clé du succès réside dans une préparation rigoureuse, un cadre clair et la volonté de transmettre durablement.

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